| Expatriation : se jeter à l'eau dans de bonnes conditions |
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| De New York à Séville en passant par Berlin, des personnalités expatriées nous racontent les villes et les pays dans lesquels elles vivent. Voici leurs conseils et témoignages pour ceux qui veulent tenter l’aventure. |
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Par Emilie Guyonnet
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Berlin...
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| Témoignage de Carine Delplanque* |
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Qu’aimez-vous à Berlin ? Comme le dit le maire de Berlin, Klaus Wowereit, « Berlin ist arm aber sexy » : Berlin est pauvre mais sexy. C’est une ville attirante et attachante parce que décomplexée. Elle est en chantier, en mouvement perpétuel, ce qui donne le sentiment que l’on peut bouger les choses, que l’on apporte une pierre à une histoire en train de se créer. C’est ce qui attire beaucoup les jeunes et les artistes, notamment les Français qui viennent s’installer en masse ici.
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Avez-vous des difficultés quand vous rentrez en France ? Je trouve que la vie est très dure en France, on sent beaucoup de tensions notamment quand on prend le métro. Quand je rentre en France je me sens agressée en permanence. Tout ce qui était si formidable, on ne le voit plus. A Berlin les gens sont plus décontractés, moins pressés, ils sourient dans la rue. En Allemagne, quand on dit au-revoir à ses enfants ou à son mari le matin, on ne leur dit pas « bon courage ! » mais « viel spass ! », qui signifie « amuse-toi bien ! ».
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Quels sont vos conseils pour une intégration réussie? Etre curieux, à l’écoute, avoir une attitude humble. Comme le dit très bien un dicton africain : regarder comment les gens dansent, apprendre à danser, danser avec eux, et ensuite leur montrer comment on danse. |
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| *Après avoir dirigé l’Institut français d’Innsbruck, Carine Delplanque est aujourd’hui directrice de l’Institut français de Berlin. |
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| Témoignage d'Alexandre Liot* |
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Quelles difficultés avez-vous rencontrées au début ? Les premiers temps ont été difficiles parce que je n’avais aucune base en allemand. J’ai pris des cours trois semaines avant d’arriver à Berlin, et depuis que j’y suis j’ai deux heures de cours d’allemand par semaine. Bien souvent je ne peux pas y assister du fait de mon emploi du temps chargé, mais j’apprends beaucoup dans le quotidien. Au début on me parlait en anglais pour me mettre à l’aise, mais j’essayais toujours de répondre en allemand.
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Qu’appréciez-vous le plus à Berlin ? C’est une ville très cosmopolite. On dit d’ailleurs souvent que Berlin ce n’est pas l’Allemagne. J’apprécie beaucoup le côté vert de la ville. C’est très agréable, notamment le dimanche. La ville est aussi très vaste, espacée, et très riche culturellement. Tout cela en fait une ville très ouverte, très tournée vers l’art. C’est sans doute ce qui la rend attachante et ce qui lui donne cette atmosphère très particulière que l’on ne retrouve pas dans d’autres capitales comme Paris ou Londres.
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Quels sont vos conseils pour s’adapter ? Le point essentiel est d’être motivé. Ensuite il faut éviter le plus possible de faire la comparaison avec son quotidien en France, et plutôt s’immerger au plus vite dans la culture du pays. |
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*A 29 ans, Alexandre Liot est depuis un an directeur des Galeries Lafayette à Berlin
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New York...
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| Témoignage de Lucien Zayan, galeriste* |
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Quel parcours vous a amené à vous expatrier et pourquoi à New York ? Je suis parti à New York après une mauvaise expérience professionnelle. C’était la première fois où ça se passait mal et je me suis beaucoup remis en question. J’ai décidé de partir trois mois à New York en me disant : je ne connais personne là-bas, je vais changer de langue, de continent, de culture, et on verra bien.
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Qu’est-ce qui vous a le plus surpris à New York ? Le plus étonnant ce sont les relations sociales. Les gens sont extrêmement encourageants dès que vous entreprenez quelque chose. On ne rentre jamais déprimé chez soi parce que quelqu’un vous a dit : ce sera difficile. C’est très agréable. Amicalement c’est plus compliqué. On ne se fait pas de vrais amis. En tout cas pour ma part après un an et demi ici je ne peux pas dire que je me sois fait un seul ami américain.
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Pouvez-vous nous raconter une anecdote liée à votre expérience ? A la fin de mon premier séjour à New York, j’ai traversé un parc à Brooklyn où trois filles étaient assises par terre avec un panneau « free advice ». Je suis allé les trouver et je leur ai demandé : « à votre avis, est-ce que je devrais rester ici ? ». « New York vous rendra tout ce que vous lui donnerez », ont-elles répondu. Et c’est vrai dans un sens comme dans l’autre, New York peut être une ville très dure comme très généreuse. En tout cas c’est une ville où il est possible de faire des choses.
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*Lucien Zayan a créé en 2009 à Brooklyn un centre d’art contemporain sur trois étages, The Invisible Dog.
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Séville...
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Témoignage de Frédéric Parrilla, directeur marketing*
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Après vingt ans en Espagne, vous sentez-vous encore un étranger ? On se sent toujours un peu un étranger dans les deux pays quand on est expatrié. Je suis arrivé en Espagne à 25 ans donc avec des acquis culturels et linguistiques très marqués, et je continue à avoir des points de vue français, à penser en français. Mais le fait de vivre à l’étranger m’a apporté une distance qui me permet de regarder mon propre pays d’une autre façon. Par exemple quand je rentre en France, je suis frappé par l’individualisme et les priorités très terre à terre, la voiture, les retraites…
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Quelles sont les différentes étapes d’intégration quand on s’expatrie ? Il y a d’abord une période où l’on oublie d’où l’on vient. Au début, j’ai pratiquement passé trois ans sans revenir en France. J’ai arrêté de lire en français, je lisais le journal espagnol, des romans en espagnol même quand les auteurs n’étaient pas espagnols. Actuellement, à presque 50 ans, je me rapproche à nouveau de la France, j’ai envie de revenir plus souvent, j’écoute la radio française le matin.
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Qu’appréciez-vous le plus à Séville ? Le climat et la lumière. En Andalousie il y a une grande lumière constante, même en hiver. C’est d’ailleurs l’Andalousie plus que l’Espagne qui m’a toujours attiré. En Andalousie on retrouve le bon côté de l’héritage culturel arabe, la solidarité, la générosité. Je suis convaincu que le contraste entre l’Andalousie et le reste de l’Espagne est encore plus fort qu’entre Lille et Biarritz. L’Andalousie est plus tiers-mondiste, le rythme de vie est différent et c’est certainement la région d’Espagne où l’argent est dans les moindres priorités.
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* Frédéric Parrilla vit en Espagne depuis 1990. Il a travaillé dans la coopération audiovisuelle et est actuellement directeur marketing de l’école de langues Clic à Séville.
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S’informer sur l'expatriation
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- La Maison des Français à l'Etranger : www.mfe.org
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Conseils aux voyageurs - rubrique d'information Voyageurs du site Internet du ministère des Affaires étrangères et européennes : www.diplomatie.gouv.fr
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Cimed - site Info-Santé des expatriés et des voyageurs de la Maison des Français à l'Etranger : www.cimed.org
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Centre d'Information et de Documentation Jeunesse : www.cidj.com
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