Témoignages : comment ont-il appris une langue étrangère ?

QU'ILS SOIENT CHANTEUSE, écrivain, journaliste, avocat, actrice, médecin ou cadre d'entreprise, parler une langue étrangère fait partie de leur quotidien. Au-delà de la pratique professionnelle, tous apprécient l'ouverture sur le monde que cela leur apporte. Voici quelques témoignages perlés d'anecdotes parfois insolites d'Olivia Ruiz, Nora Arnezeder, David Foenkinos, Antoine de Maximy, Henri Choukroun, Emmanuel Davindenkoff, Nicolas Veziris et Aymeric de Beco. Par Diane Leprince

Olivia Ruiz - chanteuse

Quelles langues étrangères parlez-vous ?

Je parle l'anglais et l'espagnol. Mais j'entretiens des relations différentes avec ces deux langues. En anglais, les mots me manquent. Je souhaiterais vraiment écrire des textes, sans effectuer ma recherche de vocabulaire sur le net. Alors que l'espagnol est dans mes tripes. Ma grand-mère nous a toujours parlé en espagnol. Et je m'en suis souvent servi pour faire des apartés avec mes oncles et cousins... C'est pratique pour raconter des secrets !

Vos difficultés ?

En anglais, je maitrise les bases de la langue mais, je souhaiterais prendre des cours pour avoir plus de facilités à l'écrit. Quand je rédige un texte, je veux être au plus près des émotions. Et pour le moment, cela m'est difficile. En espagnol, mon vocabulaire vient surtout de mes grands-parents. J'utilise des expressions purement orales. D'ailleurs, on m'a déjà dit que j'avais une formulation riche, un peu à l'ancienne. Parfois, cela donne un sens un peu romantique à mes mots. Mais cela ne me gène pas. En français, je développe aussi un argot d'autrefois. Au final, cela correspond à ma personnalité.

Et quand vous chantez dans une langue étrangère ?

D'une langue à l'autre, le timbre change. Les cordes vocales transportent un vécu. On n'a pas une voix qui sonne de telle façon par hasard. Quand je chante en espagnol, une fragilité et une sorte de souffrance ressortent. Et plus jeune, cela m'a donné envie de mieux connaître mes origines.

David FoenkinosDavid Foenkinos - écrivain

Quelles langues étrangères parlez-vous ?

Je parle correctement l'anglais et j'ai appris l'espagnol à l'école mais je ne l'ai jamais pratiqué. A dire vrai, la dernière fois que j'ai prononcé des mots en espagnol, c'était à l'oral du bac. Après, je me suis tourné vers le russe et l'allemand, en les apprenant un peu avec des livres.

Qu'est ce que cela vous apporte de parler une langue étrangère ?

Parler une autre langue, c'est effectuer un véritable voyage dans le voyage. Aux États-Unis, quand je m'exprime en anglais, j'ai l'impression d'être un autre. J'emploie des mots que je n'aurais peut-être pas utilisés en français dans une conversation similaire. Les intonations sont différentes. Ma personnalité se modifie. Mais je trouve aussi très excitant d'aller dans un pays sans connaître la langue. Quand je me rends en Russie ou en Ukraine, c'est un plaisir d'écouter les gens discuter. J'apprécie énormément la musicalité de l'expression locale.

Votre mot préféré ?

"Frühstück !" : petit-déjeuner en allemand. Cette langue m'attire, mais je ne la maîtrise pas bien malheureusement.

Antoine de MaximyAntoine de Maximy - "Cinéaste-routard"

Comment définiriez-vous votre approche des langues étrangères ?

J'ai vraiment appris l'anglais lors du tournage de mon long métrage "J'irai dormir à Hollywood". Avant, je ne le parlais pas vraiment. Je réfléchissais trop à mes mots. Aujourd'hui, quand une conversation bascule en anglais, je réponds dans la langue sans m'en rendre compte. Sinon, j'ai quelques notions d'espagnol et de portugais, apprises lors des voyages.

Comment dépassez-vous les difficultés linguistiques que vous rencontrez ?

Le vocabulaire est souvent mon problème principal. Pour remédier à cela, j'utilise beaucoup plus les gestes que les périphrases. Certains signes sont universels que vous soyez en Chine, en Roumanie ou aux Etats-Unis. Cependant une fois, je me suis retrouvé à faire du stop en Arabie-Saoudite. Pour arrêter une voiture, il ne faut pas lever le pouce, mais agiter la main comme pour dire bonjour. Le temps que je comprenne, deux heures s'étaient écoulées !

Avez-vous une anecdote particulière à nous raconter à propos d'un mot ?

J'ai eu un quiproquo avec le mot "beach" en Australie.... Là-bas, je rencontre un couple de jeunes. Nous discutons et naturellement, je leur demande ce qu'il y a à voir dans la région. La jeune fille m'indique une route pour découvrir les plus belles plages du coin. Mais avec sa prononciation, j'ai compris que c'était en fait la route la plus "chaude" des environs...

Docteur Nicolas VezirisDocteur Nicolas Veziris – médecin

Est-ce important dans votre métier de parler l'anglais ?

Dans mon métier, l'anglais est fondamental. Je lis quotidiennement des articles dans cette langue. Je dois le parler dans les colloques internationaux ou lorsque je rencontre des collègues étrangers et ce soit quelque soit leur nationalité, l'anglais est la langue de communication scientifique internationale.

Le recrutement d'étudiants chercheurs se fait régulièrement parmi des candidats d'autres pays, avec lesquels le travail de recherche se fait en langue anglaise au moins pendant les premiers mois, mais parfois pendant la totalité de leur séjour.

Les colloques en langue anglaise sont de plus en plus fréquents y compris en France. En effet, autoriser l'anglais comme langue d'un congrès permet d'inviter des intervenants internationaux et donc améliore la qualité des échanges scientifiques.

Quelles sont les difficultés que vous rencontrez ?

Mon chef de service dit souvent qu'en France nous avons un niveau de vocabulaire relativement élevé. Par contre pour l'accent, il en est tout autre... Pour ma part, mon parler ne ressemble pas à celui d'un Français grâce à mes origines grecques. Je maîtrise parfaitement le vocabulaire de mon domaine d'activité et en réunion je n'ai pas de problèmes majeurs. Mais si les conversations s'égarent sur d'autres sujets, je peux rencontrer quelques difficultés. Je note aussi que les échanges sont souvent plus simples avec des collègues dont l'anglais n'est pas la langue maternelle ce qui montre les limites de l'anglais que je maitrise...

Nora ArnezederNora Arnezeder - actrice

Quelle est votre relation avec l'anglais ?

J'adore cette langue. Parler anglais est synonyme de liberté pour moi. Quand je m'exprime dans cette langue, je ne me demande pas si je raconte des bêtises. Une certaine distance s'impose et du coup, j'ose. L'anglais est une langue sans détour. Et au final, je la parle sans me poser mille questions.

Comment l'avez-vous apprise ?

Il y a quelques années, j'ai étudié dans une école américaine à Bali. Du coup, j'ai atteint un bon niveau. Aujourd'hui, j'essaie d'entretenir au maximum mes acquis, car on perd facilement. Alors toutes les occasions sont bonnes. Dès que je peux, je fonce à Londres. Ces derniers mois, j'ai aussi fait appel à un coach pour me rafraîchir la mémoire. Et de temps en temps avec ma sœur, nous instaurons des "journées en anglais", où le but est de s'exprimer uniquement dans la langue de Shakespeare.

Votre mot préféré?

"To grab something"

Henri ChoukrounHenri Choukroun - avocat

Quelles relations entretenez-vous avec l'anglais ?

Ma relation est essentiellement professionnelle. Mais par plaisir, j'aime regarder les films en V.O. D'ailleurs, les sous-titres me parasitent. J'affectionne vraiment la musicalité de cette langue, le sens des mots. Alors quand je vois une traduction un peu maladroite, cela m'agace.

Des difficultés ?

J'en rencontre essentiellement pour écrire. A l'oral, j'arrive toujours à trouver un mot approximatif, pour me faire comprendre. A l'écrit, je suis toujours à la recherche du mot juste. Alors quand le vocabulaire me manque, j'utilise un dictionnaire.

Votre première expérience professionnelle en anglais ?

C'était à un colloque à Los Angeles. J'étais assez angoissé, car je ne m'étais jamais exprimé en anglais devant un public. Je comprenais bien ce que disaient les autres orateurs mais j'ai eu tendance à limiter mes interventions par crainte. Si j'avais eu à faire un discours, cela aurait été différent. J'aurais pu préparer le texte. Mais là, il fallait répondre à des questions.

Aymeric De BecoAymeric De Beco - directeur des achats du Printemps

Quelle relation entretenez-vous avec l'anglais ?

Pour être franc, je ne pourrais pas exercer ma profession sans la maîtrise de l'anglais. J'utilise cette langue tous les jours. Mon PDG est italien. Il comprend bien le français, mais il ne s'exprime que dans la langue de Shakespeare. De plus, j'ai beaucoup de fournisseurs étrangers. Nous nous exprimons qu'en anglais. J'avoue aussi que parler cette langue m'apporte un grand confort lors de mes voyages à l'étranger. Qu'ils soient d'ordre professionnel ou privé, cela me donne une certaine aisance.

Racontez-nous la première fois où vous vous êtes exprimé en anglais dans votre milieu professionnel ?

C'était lors de mon premier emploi d'acheteur, dans un déplacement au Japon et à Hong Kong. Je me souviens avoir eu des difficultés à parler l'anglais. J'étais intimidé. Cela n'a pas été facile d'employer le bon vocabulaire et j'ai beaucoup cherché mes mots. Cela dit, je n'ai pas suivi de formation ensuite car j'ai vraiment appris sur le tas, lors de mes voyages réguliers à New-York et à Londres.

Avez-vous envie d'apprendre une autre langue ?

Dans la mode, l'anglais et l'italien sont utilisés fréquemment. Je connais quelques mots d'italien mais je ne maîtrise pas cette langue. Il faudrait que je m'y mette Mais cela demande du temps...

Emmanuel DavidenkoffEmmanuel Davidenkoff – directeur de la rédaction du groupe l'Etudiant

Quelle est votre relation avec l'anglais ?

J'ai souvent dû faire des interviews en anglais, que je préparais soigneusement. Comme je ne suis pas beaucoup allé en Grande-Bretagne plus jeune, j'ai eu des difficultés à obtenir des réflexes en anglais. Mais aujourd'hui, ils me viennent grâce aux séries américaines comme "Brothers and Sisters" ou "Desperate House-wives".

Un regret ?

Je regrette beaucoup de ne pas avoir appris le russe. J'ai baigné dans cette langue lors mon enfance. Mon père étant traducteur et fréquentant des personnalités comme Gorbatchev, j'ai certainement complexé et je n'ai pas cherché à approfondir mes connaissances. Pourtant, j'ai un très bon accent. Raison de plus, pour m'y mettre sérieusement un jour !

Votre mot préféré en anglais ?

"Knowledge". J'aime bien ce mot, car il n'existe pas en français. Et j'apprécie beaucoup ce qu'il évoque.

Publié le 9/11/2012
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